Et si nos retraites devaient tout simplement disparaitre ?
Par hm le dimanche, juin 6 2010, 20:25 - Politique - Lien permanent
Le droite au pouvoir essaie d'enfumer maladroitement la population : l'arrivée des beaux jours est souvent le déclencheur des réformes les plus impopulaires. On tente d'abord de faire croire que rien n'est décidé, puis on laisse fuiter quelques infos. Bref : on joue une belle pièce de théâtre, dont l'issue n'est pourtant pas si claire. Car même si toutes les réformes préssenties venaient à être votées, on serait encore bien loin du compte...
La retraite par répartition (le système en vigueur en France), c'est la solidarité entre générations. Qui n'a jamais entendu "un vieux" dire : "j'ai cotisé toute ma vie, j'ai bien gagné ma retraite !". Erreur. Il a bossé toute sa vie pour que ses parents aient une retraite. Et si il a eu la bonne idée de faire des enfants, il va devoir compter sur eux pour assurer la sienne. Lorsque le système a été lancé, tout allait bien. Les 30 glorieuses annonçaient un futur radieux, et les jeunes étaient bien plus nombreux que les anciens. Donc pas de difficulté majeure pour les taxer afin de financer une retraite paisible à leurs parents. La solidarité, c'était bien, mais ça risque de ne pas suffire.
Car aujourd'hui la situation est inversée : dans les années à venir on aura plus d'inactifs que d'actifs. Autrement dit : nous allons devoir travailler, vivre de notre travail, mais aussi supporter la vieillesse de nos parents, et assurer l'éducation de nos enfants. Moi je suis déjà fatigué rien que d'y penser... La solution de facilité est donc, évidemment, de faire en sorte que l'on travaille un peu plus longtemps. Logique non ? Ben non, c'est même complètement inutile en regardant le détail du calcul. Car il faut se rappeler pour commencer que l'emploi des seniors pose problème, dans notre beau pays. De même que celui des jeunes d'ailleurs. En fait, globalement on manque de travail ! Dès lors, sera-t'il utile de rester au turbin jusqu'à 62, 63 ou même 65 ans ? Probablement pas. Ce sera même très certainement contre-productif (on sera chômeur plus longtemps ?). Parallèlement à ça, ne pas oublier la baisse promise des pensions.
Travailler plus longtemps, pour toucher moins, et au final avoir certainement besoin de l'aide de ses enfants. Voilà un avenir que nos grands-parents n'auraient pas imaginé léguer à leurs enfants. Et pourtant le temps n'est pas si loin où 3 générations partageaient le même toit. Mon conseil : achetez des grandes maisons !
En face de cette activité forcenée qui donne l'impression de travailler à un solution, la gauche se plaît à promettre monts et merveilles : si elle repasse en 2012, elle rétablira le départ à 60 ans. Pourquoi pas. Après tout dans un cas comme dans l'autre la situation sera dramatique dans 15 ans. Car en fait, la seule solution viable à long terme, c'est certainement la solution américaine : l'épargne retraite individuelle. Autrement dit se payer soi-même sa propre retraite : toute sa vie épargner pour à la fin toucher le capital sous forme de rente. C'est la retraite par capitalisation, qui fait si peur au pays de la solidarité inter-générationnelle. Les contrats d'assurance-vie, placement florissant ces dernières années, étaient jusque récemment un bon moyen de préparer l'avenir ; on pouvait même choisir de s'exposer ou non aux aléas des marchés (car le problème amércain est là : au payx du capitalisme roi, nombreux étaient ceux qui avaient confié la gestion de leur retraite à des fonds spéculatifs).
Arrive alors le plus gros problème. C'est que nos gouvernants, aussi fins gestionnaires que leurs prédécesseurs, veulent mettre 30 ans de laxisme budgétaire sur le dos du capitalisme [1]. Il s'agit donc de "taxer les revenus du capital", selon l'expression consacrée. Le problème, c'est que le gouvernement est en train ni plus ni moins que de préparer la taxation du plus gros magot disponible en France : l'assurance-vie, seul capable de renflouer le gouffre abyssal qu'on aperçoit devant nous. Autrement dit le seul moyen crédible actuellement disponible en France pour le travailleur moyen de préparer son propre complément de retraite va lui être retiré dans l'espoir de renflouer le système actuel... Et dans 40 ans, qui paiera pour nous ? Le quinquennat de Sarkozy laissera-t'il autre chose que des ruines derrière lui ?
Notes
[1] C'est toujours vendeur chez nous, de taper sur le dos du spéculateur : on ne sait pas trop bien de qui il s'agit, mais une chose est sûre : si tout va mal, c'est de sa faute ! Et de celle des fonctionnaires aussi, faudrait quand même pas les oublier, ces feignasses...